Le pasteur
Roland Kauffmann est pasteur à Guebwiller depuis 2022. Il était auparavant directeur de l'association Saint-Étienne Réunion à Mulhouse de 2009 à 2022 ; responsable du service communication de l'UEPAL et directeur de la Médiathèque protestante de Strasbourg de 2002 à 2009 ; pasteur de la paroisse de Mulhouse Saint-Marc de 1995 à 2002. Il est né en 1967.

Portrait
Roland Kauffmann est membre du Conseil d'administration de l'association Pro-Fil et à ce titre a été président du Jury œcuménique du Festival de Cannes en 2019.
Il est membre du Conseil d'administration de l'association Saint-Étienne Réunion à Mulhouse.
Parmi ses influences théologiques, on peut citer, outre Gabriel Vahanian et Albert Schweitzer : André Gounelle, Bernard Reymond, Paul Tillich, Rudolf Bultmann et Jacques Ellul. Il se rattache à la Réforme helvétique dans la lignée de Zwingli, Sébastien Castellion et Pierre Bayle.
En philosophie, ses auteurs favoris sont Héraclite, Spinoza, Montaigne, Albert Camus, Simone Weil, Marcel Conche et Vladimir Jankélévitch et pour les contemporains : Baptiste Morizot, David Graeber et Maxime Rovere.
En littérature, il est inconditionnel de Herman Melville, Fedor Dostoievsky, Jack London, Varlam Chalamov, George Orwell, Vassili Grossman ou Romain Gary. Sans oublier les grands classiques, notamment Homère et Sénèque.
Élève de Gabriel Vahanian, Roland Kauffmann s'inscrit dans la tradition du protestantisme libéral.
Il développe une recherche personnelle autour de l’œuvre théologique d'Albert Schweitzer, notamment en préparant la publication en ligne de l'ensemble des prédications schweitzeriennes, disponibles en français et traduites par Jean-Paul Sorg, spécialiste de Schweitzer, décédé en octobre 2025.
Message de présentation 2022
Permettez moi de me présenter ci dessous
« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ;
Et ce que l’Éternel demande de toi,
C’est que tu pratiques la justice,
Que tu aimes la miséricorde,
Et que tu marches humblement avec ton Dieu. »
Michée 6, 8
Pour me présenter à vous, j'ai choisi mon verset biblique préféré. En effet, ce passage du prophète Michée est l'un des repères de mon ministère pastoral et de ma vie spirituelle. Je suis en effet convaincu que la foi n'est pas seulement une affaire de croyances ou de pratiques mais qu'elle est avant tout un chemin de vie. Celle qui ne mène pas forcément au bonheur ni à la prospérité tels que l'entend la société contemporaine mais recherche la justice entre les hommes, la miséricorde dans tous les rapports humains et l'humilité pour tout ce qui concerne notre compréhension de Dieu, autrement dit le bonheur tel que l'entend l'Évangile.
En d'autres termes, la foi est une conception du bien, de ce qui est souhaitable et désirable dans l'organisation sociale, économique, politique et religieuse d'une société, d'un groupe, d'une famille ou à l'échelle de l'individu. Et Michée équilibre son idée du bien par la miséricorde. Une miséricorde qu'il ne suffit pas de proclamer ou de revendiquer mais qu'il faut « aimer », c'est-à-dire ressentir, éprouver, désirer. C'est une ouverture à l'autre dans son histoire, ses questions, ses doutes, ses manques, ses erreurs tout en acceptant ses propres fragilités et défauts mais en désirant s'améliorer en toutes choses et en tous temps. Rechercher le bien de l'autre à tous les niveaux de nos actions et de nos responsabilités, dans un esprit de fraternité et d'attention à chacun dans ce qu'il a de particulier, dans le respect des richesses qu'il apporte, dans le soin des faiblesses qui le minent, c'est en fin de compte une éthique de la bonté, celle qui se veut cohérente pour une vie chrétienne.
Une recherche de simplicité
Vous m'entendrez souvent parler de « simplicité biblique », parce que je considère que le message biblique est tout entier contenu dans le fait que Dieu, en la personne de Jésus-Christ, est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie et que nous l'ayons en abondance. De cette conviction découle ma profonde reconnaissance envers l'Éternel pour tout ce qu'il nous a donné et continue de nous donner à vivre. Loin d'un optimisme béat, je tente une critique constructive et lucide du monde tel qu'il va mais non pas dans un catastrophisme nostalgique d'une époque disparue mais, au contraire, dans la conviction que notre monde, celui qui nous est confié par l'Éternel, peut être transformé pour plus de justice, c'est-à-dire d'égalité entre tous les êtres humains sans distinction de sexe, d'origine ou de convictions ; transformé pour plus de liberté, c'est-à-dire de capacité pour chacun d'agir en conscience et transformé pour plus d'amour, c'est-à-dire de fraternité avec tout ce qui vit, en nous et autour de nous. Si je parle de « simplicité biblique », c'est encore pour affirmer que la Bible est accessible et compréhensible par tous, qu'elle n'est pas réservée à des spécialistes mais qu'elle fait au contraire partie de notre patrimoine commun. Il me paraît essentiel que chacun d'entre nous y puise intelligence et sagesse pour diriger son existence dans le monde actuel.
La liberté de l'esprit
J'ai toujours compris mon ministère comme je comprends ma vie: comme une humble marche avec ce Dieu qui me donne la vie, le sens et la raison de vivre. Cette humilité qui me fait détester les majuscules que l'on donne aux grands mots pour en imposer aux faibles ou aux petits. Je ne crois ni au Bien ni au Vrai, ni au Juste ni au Bon mais au bien que nous nous faisons les uns aux autres, au vrai que nous recherchons ensemble, au juste qui fait droit aux opprimés, au bon pour tous. Vous l'aurez compris, je me situe théologiquement bien plus du côté des religions de l'Esprit que des religions de l'autorité ; d'une pensée libérale que du dogmatisme et de l'humanisme bien plus que du piétisme.




