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  • Photo du rédacteurParoisse Protestante

Bible en mains, 20 avril, Je crois en l'Esprit Saint…

Je crois en l’Esprit Saint;

je crois la sainte Église universelle,

la communion des saints,

la rémission des péchés,

la résurrection de la chair

et la vie éternelle.

Amen!

1ère partie

À partir du récit de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine Jean 4, 1-42


On commence par un échange libre entre les participants sur le texte.

Quels sont les personnages ? Jésus, la Samaritaine, les disciples, les Samaritains

Qui fait quoi ? Les mouvements dans le texte

  1. Jésus est seul

  2. arrivée de la Samaritaine

    1. Jésus demande de l'eau : « donne-moi »

    2. Samaritaine s'étonne / réponse de Jésus qui inverse la question : eau vive

    3. argument 1 : tu n'as pas de seau, es-tu plus grand que Jacob ? / « Je le suis », l'eau de la vie éternelle

    4. demande S. « donne-moi » / J. appelle le mari

    5. confession 1 de S. « je n'ai pas de mari » / approbation « je le sais »

    6. argument 2 : Garizim-Jérusalem ? / connaissance – non connaissance ; Esprit et vérité

    7. confession 2 de S. « j'attends le Messie » / « Je le suis »

  3. arrivée des disciples / Samaritaine sort

  4. Samaritaine à la ville / Dialogue Jésus & disciples

  5. sortie des Samaritains/ « mange » - « ma nourriture est de faire la volonté de Dieu » (cf. désert)

  6. arrivée des Samaritains / Séjour de Jésus dans leur ville

  7. Confession des Samaritains (passage de la foi individuelle de la Samaritaine à la foi collective fondée sur la Parole du Christ)

Quels sont les points forts du texte ?

Esprit et vérité

Eau de la vie / Pain de vie : faire la volonté du Père, la moisson est prête.


Au début de son évangile, Jean veut bien faire comprendre à ses lecteurs la signification du message du Christ : il est la révélation (la vérité) de Dieu et seul l'esprit de Dieu peut le faire comprendre : faire voir dans l'eau du puits, l'eau de la vie et dans la volonté de Dieu la vraie nourriture. L'esprit témoigne à notre esprit pour nous faire voir ce qui ne se voit pas, discerner la réalité par-delà les choses réelles.


Qu'entend-t-on aujourd'hui par vérité ? Qu'est-ce que l'on entend aujourd'hui par Esprit ? Quelle différence entre Esprit et esprit ? Esprit saint/esprit humain ?


La charité terrasse l'envie - Vitraux du temple Saint-Étienne de Mulhouse - XIVe siècle
La charité terrasse l'envie - Vitraux du temple Saint-Étienne de Mulhouse - XIVe siècle

mais l'heure vient et c'est maintenant : ἀλλὰ ἔρχεται ὥρα καὶ νῦν ἐστιν / allà érkhetai hṓra kaì nũn estin

en esprit et vérité : ἐν πνεύματι καὶ ἀληθείᾳ / en pneúmati kaì alētheíaͅ

Dieu est esprit : πνεῦμα ὁ θεός / pneũma ho theós


Dieu est amour : ὁ θεὸς ἀγάπη ἐστίν / ho theòs agápē estín

Les deux seules définitions de Dieu dans le NT : Dieu est esprit/amour ; pneũma/ agápē

« En esprit et en vérité »

Le pneũma dont il est question dans l'évangile n'est pas notre esprit mais celui de Dieu, le terme correspond à l'hébreu ruach / ר֫וּחַ (cf. Genèse 1, 1) alors que l'être humain est désigné par nephesh / נֶפֶשׁ. L'un et l'autre mot hébreu pouvant signifier « souffle », « vie », « vent », les auteurs de la Septante ont traduit majoritairement ruach par pneũma et nephesh par psukhê [ψυχή] et la Bible latine a traduit ruach par spiritu et nephesh par anima, c'est ainsi que le souffle de vie, est devenu la psyché et l'âme.

En esprit et en vérité


C'est d'une part l'action de l'Esprit, ce qui fait la différence avec les courants spiritualistes actuels : c'est l'altérité qui entre ici en jeu, ce n'est pas « moi qui comprend » mais « l'esprit de Dieu qui me fait comprendre ».


D'autre part, cette action est une action de vérité, c'est-à-dire de « dévoilement de la réalité » : ce qui me révèle à moi-même tel que je suis, autrement dit « créature » (cf. je crois en Dieu le père, créateur...), justifié bien que pécheur (Je crois en Jésus-Christ…), membre de la communauté réunie par l'esprit (Je crois en l'Esprit saint…).

L'esprit dans la Bible, qu'il soit ruah ou nephesh, est « souffle de vie », ce qu'expriment également pneuma et psyché, esprit et âme. Dire que Dieu est esprit signifie qu'il est le vivant à travers lequel la vie prend son sens, son souffle, son dynamisme, sa signification. Ce qui fait la différence entre « vivre » au sens biologique, naturel et « exister » au sens culturel et spirituel.

Reprendre la formulation de l'article

Quelle différence entre Je crois en l’Esprit Saint et je crois la sainte Église universelle?

Une différence selon la formulation adoptée en français

Le latin dit : Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem,remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam : en supprimant la formule « je crois » et en donnant la même déclinaison à l'accusatif, les 6 propositions sont équivalentes.

Le français dit Je crois en l'Esprit saint, je crois l'Église…


"Croire en … " et "croire …", n'est pas équivalent. Croire en quelqu'un c'est croire en sa capacité à faire telle ou telle chose, croire cette même personne, c'est croire ce qu'elle dit. Il y a au minimum un lien de subordination, on ne peut croire ce que dit une personne/institution si l'on ne lui fait confiance soit à priori soit par l'expérience. La découverte ou compréhension (alétheia, dévoilement) de la capacité de l'esprit à transformer nos vies est le préalable à toute confession de foi.


Je crois en l'Esprit-Saint (qui me fait comprendre que) l'Église (est) sainte et universelle, (parce qu'elle est) la communion des saints (ceux qui vivent dans l'Esprit du Christ), (que) mes péchés ont été pardonnés, (que) ma nature est transformée et (que) ma vie dépasse ce que j'en perçois.


Cette différence est celle entre ce qui fait croire (l'Esprit) et ce qui est crû, ce qui est de l'ordre de la foi et ce qui est de l'ordre de la croyance (ce qui découle de l'acte de croire, ce qui constitue la foi comme la lumière découle du soleil.

Être chrétien, c'est vivre dans l'esprit du Christ, le Christ et l'Esprit étant aussi unis que le Fils et le Père. La foi est ainsi toujours une tension entre l'assurance que l'on peut avoir de la fidélité de Dieu à sa propre parole et l'affirmation des choses que l'on espère. (Cf Hébreux 11, 1 « La foi, c'est l'assurance des choses qu'on espère, la démonstration des choses que l'on ne voit pas »).


Ainsi l'Église « sainte et universelle », c'est uniquement l'Église dans l'Esprit, autrement dit la communion de ceux qui vivent dans l'esprit du Christ.

Ce qui fait le lien entre cette base solide (fides, fiducia, pistis, confiance) et l'espérance (volonté, attente, désir) n'est autre que le synonyme de l'Esprit, à savoir l'Amour de Dieu pour nous, lequel doit se transformer en amour pour les autres si nous voulons être à l'image du Dieu de l'évangile qui est amour et qui est esprit.

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