La communauté chantante
- Frédéric Hautval
- il y a 1 jour
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Guebwiller 3 mai 2026 - dimanche cantate

Frères et sœurs en christ,
Le thème de ce dimanche est « la communauté chantante » : Cantate ! Chantons !
Chantons pour acclamer le Seigneur qui vient, avec le psaume 98 : chantons un chant nouveau, car il fait des choses étonnantes ! (Ps 98) - C’est en tant que joueur de lyre que David entre au service de Saül : Lorsque le souffle de Dieu était sur Saül, David prenait la lyre et en jouait ; Saül respirait alors et se trouvait mieux ; le souffle mauvais s’éloignait de lui. (1S 16.14-23) - Et Paul écrit aux Colossiens : instruisez-vous et avertissez-vous en toute sagesse, par des cantiques, des hymnes, des chants spirituels ; dans la grâce, chantez à Dieu de tout votre cœur. (Col 3.12-17) - Comme dans Chroniques, faites du bruit pour le Seigneur : Au moment où les prêtres sortaient du sanctuaire (…) et tous les lévites qui étaient chantres (…) se tenaient à l'est de l'autel avec des cymbales, des luths et des lyres, et ils avaient auprès d'eux cent vingt prêtres sonnant des trompettes, et lorsque ceux qui sonnaient des trompettes et les chantres, unis dans un même son pour louer et célébrer le Seigneur, firent retentir les trompettes, les cymbales et les autres instruments et louèrent le Seigneur – car il est bon, car sa fidélité est pour toujours ! – à ce moment, la Maison, la maison du Seigneur, fut remplie d'une nuée. (2Ch 5.2-5,12-14) - Alors chantons nous aussi, comme les disciples, joyeux, à pleine voix - Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire dans les lieux très hauts ! – même si cela dérange quelques pharisiens ! (Lc 19.37-40)
Avant, voyons ce qu’est le chant. Cela : métronome c’est le tempo, le temps. Le temps est l’élément fondamental de la création. Rappelez-vous : « la terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais le souffle d’Elohîms planait sur les faces des eaux. Elohîms dit : « Une lumière sera. » Et c’est une lumière. Elohîms voit la lumière : quel bien ! Elohîms sépare la lumière de la ténèbre. Elohîms crie à la lumière : « Jour. » À la ténèbre il avait crié : « Nuit. » Et c’est un soir et c’est un matin : jour un. » (Gn 1.2-5 / Chouraqui) La lumière vient avant la création des luminaires dans le ciel au 4ème jour et pour d’autres subdivisions du temps, jours et ans. Mais c’est bien au premier jour que le temps de base est lancé, comme une gigantesque horloge comtoise - Et c’est un soir et c’est un matin – tic tac.
Le chant c’est aussi cela : diapason, 440 battements à la seconde, le la3 que je peux reproduire avec mes cordes vocales grâce au souffle. Le souffle qui fait vibrer les cordes vocales est aussi l’élément fondamental de l’homme. En effet, rappelez-vous : « Le Seigneur Dieu façonna l'homme de la poussière de la terre ; il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. » (Gn 2.7)
Le chant allie l’élément fondamental du monde dans lequel nous vivons, le temps et l’élément fondamental de la création de l’homme, le souffle. Chanter est ainsi glorifier le Créateur.
Les chrétiens DE L’EGLISE ANCIENNE chantent !
Ils chantent comme a chanté le peuple des hébreux après la traversée de la mer. La bible est d’ailleurs parsemée de chants et de cantiques. Les plus connus sont les psaumes dont la rédaction en hébreux laisse entrevoir des indications musicales pour leur interprétation.
Les chrétiens chantent depuis le temps de la pierre roulée du tombeau vaincu, depuis le souffle de la résurrection.
Le patrimoine musical des chrétiens d’occident commence avec le plein chant, ou chant grégorien. C’est un chant particulier à la liturgie catholique dont on a tardivement attribué le répertoire à Grégoire le grand (6ème siècle). C'est en son honneur que, deux siècles après sa mort, le chant élaboré dans les abbayes du diocèse de Metz est appelé « chant grégorien », sans que l'on sache avec certitude le rôle du Grand Grégoire dans l'évolution et la diffusion du chant liturgique.
Au début du XVIe siècle, dans l’Église catholique, la musique religieuse était chantée en latin dans le chœur de l’église par des religieux, ou par des musiciens spécialisés. Il nous reste des traces de cette musique dans notre répertoire :
Oh ! viens bientôt, Emmanuel. (ALL 31/01 (ARC 307) : Texte : R. Paquier 1949 – Mélodie : Veni veni Emmanuel / moyen âge – Harmonisation : R. Schwizgebel 1976).
Les réformateurs ont voulu rendre la musique au peuple, c’est-à-dire faire chanter l’ensemble des fidèles, y compris les femmes (ce qui était rarement le cas dans la musique liturgique de l’époque).
Pour faire chanter l’assemblée des fidèles, il faut des chants en langue du peuple et non plus en latin. Si je dis : Gloria in excelsis Deo. Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terre gloria tua. C’est incompréhensible pour qui ne connais pas le latin. Mais si je dis : Gloire à Dieu au plus haut des cieux. Seigneur Dieu des Armées. Le ciel et la terre sont pleins de ta gloire. On passe de l’incantation à la prière de louange.
Il faut donc traduire mais aussi adapter les textes pour qu’ils puissent être chantés.
Le chant d’assemblée nécessite aussi de renoncer à la polyphonie qui jouit d’un grand prestige à cette époque, en particulier dans la musique profane de la Renaissance. Il faut un chant à l’unisson, avec une seule note par syllabe. Et la mélodie doit respecter les accents toniques de la langue.
Les progrès de l’imprimerie dans l’impression de la musique ont contribué à une diffusion rapide de ce nouveau répertoire. Même si tous les fidèles ne savent pas lire et encore moins lire la musique, les nouveaux psautiers ont contribué à l’apprentissage rapide et à l’acquisition de ces deux capacités : la lecture des textes et de la musique !
La musique protestante a trois sources principales : les psaumes, les chorals et les cantiques
J’intitulerai la première source de notre répertoire : GLOIRE AU PERE !
Cette première source est d’origine française avec Calvin et les Psaumes.
C’est néanmoins Luther qui a, le premier, l’idée de mettre des psaumes en vers et en strophes, en langue allemande. Martin Bucer à Strasbourg reprend l’idée pour l’ensemble du psautier.
C’est là que Calvin les découvre lors de son séjour dans cette ville. Il s’en inspire et confie à de vrais poètes (Clément Marot et Théodore de Bèze) et de vrais musiciens la réalisation d’un psautier, le psautier de Genève. L’un des plus célèbre de ces compositeurs, Claude Goudimel (vers 1510-1572) est un auteur prolifique de musique vocale profane ou sacrée - il participe à la mise en musique des Amours de Ronsard et compose des messes et des motets - sa conversion au protestantisme vers 1550 (qui lui vaudra d’être massacré lors de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572) l’amène à se consacrer à la mise en musique et à l’harmonisation des psaumes, 150 psaumes qui font toujours partie de nos recueils de chants.
Le psautier de Genève (vers 1560) connaît une diffusion considérable. Il y eut d’autres psautiers, ceux de Strasbourg, de Lausanne, de Bâle et de Mulhouse, mais celui de Genève est le plus connu du fait de ses qualités poétiques et musicales.
Pour Calvin, la musique ne doit pas divertir, ne doit pas détourner l’attention du fidèle du texte. Elle est le support des mots avec lesquels l’assemblée répond à Dieu. Pour lui : « Il nous faut souvenir de ce que dit Paul, que les chansons spirituelles ne se peuvent bien chanter que de cœur. Or le cœur requiert de l’intelligence.
En cela, dit Saint Augustin, git la différence entre le chant des hommes et celui des oiseaux …
Or le propre de l’homme est de chanter en sachant ce qu’il dit.
Après l’intelligence doit suivre le cœur et l’affection : ce qui ne peut être, que nous n’ayons le cantique imprimé en notre mémoire, pour jamais ne cesser de chanter. » (Jean Calvin)
Les mots utilisés ne peuvent qu’être repris de l’Ecriture, l’homme lui-même ne pouvant pas faire mieux. Ainsi sont utilisés principalement les 150 Psaumes, les cantiques de Marie et Siméon, le Notre Père, les Béatitudes, ces textes étant paraphrasés en français.
L’assemblée répond d’une seule voix, les psaumes sont donc chantés au temple à l’unisson, par toute l’assemblée. Il n’y a pas de soliste, pas de chorale. Une syllabe par note, pas de vocalises, c’est plus facile pour une exécution collective. Les harmonisations à plusieurs voix, les versions en contrepoint ou les motets sur ces mêmes textes sont destinés à l’usage familial. Les textes ont une cohérence propre, donc toutes les strophes doivent être chantées. Dieu étant là pour entendre, il est inutile de lui répéter les choses, donc pas de redite, pas de refrain.
Ce que Calvin attendait : une mélodie au service d’un texte, un tempo propre aux paroles chantées ou parlées. Car on chante, comme on parle, plus lentement une confession du péché qu’une annonce du pardon. Il ne faut pas chanter en général plus ou moins vite, il faut chanter de manière adaptée aux paroles prononcées. En chantant le psaume, le texte pensé est porté par une musique qui donne le tempo.
Chantons le psaume 42 : Comme un cerf altéré brame (ARC Ps 42 : Texte : Théodore De Bèze – Mélodie : Genève 1551 – Harmonisation : Claude Goudimel). Vous entendrez les trompes de cet air de chasse. Puis chantons maintenant le Psaume 47 Frappez dans vos mains (ARC Ps 47 : Texte : Théodore De Bèze – Mélodie : Genève 1551 – Harmonisation : Claude Goudimel). Vous n’avez donné instinctivement à ces deux psaumes ni le même tempo ni le même caractère. Vous venez de mettre en pratique ce que Calvin attendait : une mélodie au service d’un texte, un tempo propre aux paroles chantées ou parlées.
J’intitulerai la deuxième source de notre répertoire : GLOIRE AU FILS !
Elle nous vient de Luther avec les chorals
Pour Luther, le texte et la musique sont deux versants qui forment un tout.
Pour les textes, Luther a souhaité ajouter aux textes bibliques (C’est un rempart adapté du psaume 46), des thèmes plus inscrits dans le temps liturgique et la vie de Jésus.
Le choral est la forme musicale luthérienne par excellence. Les chorals de Bach permettent d’exprimer la foi, la confiance, l’espérance du chrétien, la réalité de l’Eglise, en lien avec la vie du Fils, l’incarnation, la croix, la résurrection. En chantant le choral, le texte, pensé, et la mélodie, chantée, se conjuguent.
Dans l’Église luthérienne, ni les orgues, ni les instruments de musique, ni les chœurs professionnels n’ont disparu. Ceci a permis une très riche production musicale religieuse aux XVIIe et XVIIIe siècles, essentiellement celle de Jean-Sébastien Bach (1685-1750), mais aussi celles de Heinrich Schütz (1585-1672) et Dietrich Buxtehude (1637-1707), voire de Georg Friedrich Haendel (1685-1759).
Il existait environ 5 000 chorals au temps de Jean-Sébastien Bach. En reprenant des chorals dans ses Passions, Bach n’a pas inventé les mélodies, il les a harmonisées.
Chantons O Jésus ta croix domine (ARC 449 : Texte : Charles Dombre 1935 – Mélodie : Hans Leo Hassler 1601 – Harmonisation : Jean Sébastien Bach). Et encore Confie à Dieu ta route (ARC 616 : Texte : Charles Dombre 1935 – Mélodie : Hans Leo Hassler 1601 – Harmonisation : Jean Sébastien Bach). Vous avez dû conserver le même tempo. Malgré la différence des paroles, la force de la musique impose un rythme. En chantant le choral, le texte pensé, et la mélodie chantée, se conjuguent.
J’intitulerai la troisième source de notre répertoire : GLOIRE AU SAINT ESPRIT ! Avec le romantisme et les mouvements du Réveil, la troisième source nous apporte la forme du cantique. Ou quand le chant réveille les Eglises.
Le Réveil qu’a connu le protestantisme au 19ème siècle n’est pas que spirituel, il est aussi musical. Le cantique vient renforcer la prédication et son message.
À la fin du XVIIIe siècle, parallèlement aux courants de pensée philosophiques, s’exprime le besoin d’une piété plus sentimentale et émotionnelle, d’une foi axée plus sur le sentiment que sur le dogme ou l’intellect ; bien sûr cela passe aussi par la musique. Les frères moraves, mouvement protestant dans la lignée du réformateur Jean Hus, ont pratiqué des cantiques différents du corpus des psaumes et des chants de la tradition luthérienne. Le comte Zinzendorf, un de leurs évêques (1700-1760), considérait le chant comme « un moyen bien approprié, voire le plus important pour exprimer la joie émanant de la foi et pour constituer une communauté. » Il instaura des « Singstunden », heures de chanter, où on enchaînait les cantiques, comme une sorte de prédication chantée, qui étaient pour lui presque aussi importants que la cène, pour exprimer le bonheur de la paix du ciel. Ces cantiques dans la lignée de la piété baroque sont souvent focalisés sur le sang versé et les plaies ouvertes du Christ.
Dans le monde anglophone, ce sont les frères Wesley, dont le mouvement de réveil conduira au méthodisme Ils ont instauré un nouveau mode d’expression spirituelle. Pratiquant une prédication en plein air, le chant devient un support pour la piété personnelle et l’évangélisation. Les hymnes ne parlent pas de Dieu, mais s’adressent à lui, les auditeurs passifs deviennent actifs.
En 1817, se crée à Genève une Église « libre » dégagée de tous liens avec l’État. Des pasteurs comme Ami Bost, dont le père était responsable d’un groupe morave, ou César Malan vont composer des cantiques qui seront chantés dans tous les pays protestants, dans le style des cantiques romantiques anglo-saxons. Ce réveil genevois marquera aussi le protestantisme français dans les années 1820-1850.
L’idée est toujours de relier l’expression d’une foi personnelle à une volonté d’évangélisation, ainsi, dans nos recueils, nos cultes, nos cœurs et nos oreilles, ces cantiques sont toujours vivants. Par exemple : Ô Jésus, tu nous appelles (ARC 528) (Zinzendorf), Non point à nous Seigneur (ARC 539) (Ami Bost), Mon Dieu, mon Père (ARC 405) (César Malan) …
Le langage musical est bien différent de celui de JS Bach, mais on garde une harmonie riche, on chante à plusieurs voix, et ces chants sonnent particulièrement bien avec des orchestres d’instruments à vent en plein air, on n’est pas loin parfois du style des chants patriotiques. La chorale, devenue amateur, est alors une activité centrale de la vie paroissiale.
Chantons A l’horizon le jour s’éloigne (ALL 49-19 : Texte : John Ellerton 1870 (fr. H. Ecuyer 1930) – Mélodie : Clement Scholefeld 1874 – Harmonisation : Rec. St Clement). Vous reconnaissez le chant officiel (1937) des Journées Mondiales pour la Prière. Puis chantons Debout sainte cohorte (LP 417 : Texte : G. Duffield 1858 (fr. R. Saillens 1878) – Mélodie : G. J. Webb 1803-1887 – Harmonisation : Rec. Louange et prière).
Et encore Quand le vol de la tempête (SAF 45 : Texte : (fr. Marcelle Perrenoud 1915) – Mélodie : Edwin O. Excell 1897 – Harmonisation : Rec. Sur les Ailes de la Foi).
Vous avez remarqué qu’aucun de ces cantiques ne figurent dans Arc en ciel et pourtant vous les connaissez !
Nous rencontrons notre histoire avec trois courants musicaux : l’un en étant fondateur, les psaumes, l’autre nous ayant rejoint, le choral, le troisième s’étant développé ensuite, le cantique. Ils ont une belle complémentarité. Le Père, le Fils, l’Esprit. Approches biblique, théologique, spirituelle. Alors comment pourrait-on oublier dans nos cultes de toujours chanter psaume, choral et cantique ?
Et comme l’esprit de la Réforme est « semper reformanda », UNE EGLISE TOUJOURS A REFORMER, l’esprit du Réveil est toujours à relancer.
Un bémol, hélas : l'angoisse actuelle du détournement des jeunes de l’Eglise qui entraîne, par facilité, une dérive vers la musique commerciale, provoque l'anesthésie du goût et rend difficile pour nos communautés toute décision musicale sereine. En effet, toute paroisse sans groupe de musique ni groupe de louange se voit vite étiquetée troisième âge ou pire encore. Le phénomène se généralise. Que faire ? A quand, un vrai enseignement théologique, patient, ouvert et accessible, du sens et de la valeur musicales ?
Heureusement, un souffle nouveau dans le répertoire musical se développe depuis le milieu du 20ème siècle. On peut citer le compositeur Jo Akepsimas, on pense aussi au travail musical de la communauté de Taizé, et bien sûr à Jean-Louis Decker qui a chanté et fait chanter l’Evangile de la grâce à un grand nombre de personnes.
Chantons : Il est une foi (ALL 52/09 : Texte : Jean-Louis Decker – Mélodie : Jean-Louis Decker – Harmonisation : Jean-Louis Decker / Le temps s’emballe 1993).
Nous sommes l’assemblée chantante !
Oui, la création chante ! les radiotélescopes nous renvoient la symphonie des étoiles, des pulsars et des quasars, la terre tressailles de la polyphonie de la nature, même le monde aquatique, le monde du silence de Cousteau, retentit du chant des baleines. Des hyperfréquences aux infra sons, la création chante. Alors nous, avec nos faibles cordes vocales … nous faisons ce que nous pouvons.
Bach mettait habituellement au bas de ses œuvres ces trois lettres : S.D.G. signifiant « Soli Deo Gloria », « pour la seule gloire de Dieu ». C’est la clé de sa démarche : il composait non pour les hommes, mais pour Dieu, et il se comportait là en totale cohérence avec la mystique protestante. Cela lui a valu sans doute d’être relativement incompris de son vivant, ses contemporains n’ont jamais su apprécier à leur juste valeur ces œuvres qui les dépassaient.
La musique spirituelle protestante fait partie de notre héritage. A l’instar de notre patrimoine immobilier, ces temples de Guebwiller ou de Soultz par exemple, ou de notre patrimoine mobilier comme cet orgue, la musique, psaumes, chorals et cantiques font partie de notre patrimoine immatériel qu’il nous faut protéger.
C’est pourquoi il me semble bon que le chant ait une grande place dans le culte. La première place revient à notre recherche d’appropriation de la Bible, elle nous invite à réfléchir à nouveau sur Dieu et sa justice, sur les promesses que Dieu nous fait et les appels que Dieu nous adresse. Le chant nous invite à ce que cette recherche s’incarne et fasse vibrer notre être en un chant nouveau, le nôtre, un chant que personne ne pourrait écrire à notre place, et que personne ne chantera à notre place mais que, peut-être, quelqu’un, notre prochain, chantera avec nous.
Dans le culte, le chant d’assemblée nous permet de chanter tout en écoutant ceux qui nous entourent, et d’expérimenter ainsi une communion, même si notre voisin chante un peu différemment de nous, ce n’est pas grave. Un peu plus, j’allais dire que l’orgue serait l’image du Christ nous permettant de nous rassembler en un corps où chaque membre à sa place.
Amen
Frédéric Hautval
















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